Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale

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Des faits et des chiffres

 

Combien de personnes connaissent-elles un risque de pauvreté ?

Dernière mise à jour : 01/03/2016
Cette mise à jour concerne uniquement les indicateurs 'privation matérielle grave' et 'pauvreté subjective' et les tableaux 1c et 1p.


Les trois indicateurs suivants sont utilisés pour mesurer la pauvreté, dans le cadre de la politique européenne : 1) risque de pauvreté sur la base du revenu, 2) privation matérielle grave et 3) ménages à très faible intensité de travail. Ces indicateurs sont basés sur diverses caractéristiques de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Les trois indicateurs combinés forment l'indicateur européen de la pauvreté 'risque de pauvreté ou exclusion sociale'.

Selon l'enquête EU-SILC 2014, 15,5 % de la population belge connaissaient un risque de pauvreté si on se base sur le revenu; 5,9 % de la population souffraient de privation matérielle grave (5,8 % d'après les résultats provisoires de l'EU-SILC 2015) et 14,6 % de la population belge entre 0-59ans vivaient dans un ménage à très faible intensité de travail. La valeur de l'indicateur européen 'risque de pauvreté ou exclusion sociale' pour la Belgique, s'élève à 21,2 %.

La pauvreté subjective est un indicateur intéressant, complémentaire aux indicateurs plus objectifs. Selon l'enquête EU-SILC 2014, 20,2 % de la population belge indiquaient avoir des difficultés ou de grandes difficultés à s'en sortir (20,4 % d'après les résultats provisoires de l'EU-SILC 2015).


Commentaire

Les chiffres utilisés tant au niveau belge qu’européen, permettant de mesurer la pauvreté et l’exclusion sociale, proviennent de l’enquête EU-SILC ('European Union – Statistics on Income and Living Conditions' ou 'Statistiques de l'Union européenne sur le revenu et les conditions de vie'). Cette enquête est organisée pour la Belgique par la Direction générale Statistique - Statistics Belgium. Certains groupes de population (des personnes sans abri, des personnes en séjour illégal, des ménages collectifs,...) ne sont pas pris en compte dans l'enquête parce qu'ils ne sont pas inscrits dans le registre national des personnes physiques. Une enquête sur les revenus et conditions de vie des personnes sans abri et des personnes en séjour illégal a été organisée en 2010 pour voir s’il serait possible à l’avenir d’inclure ces groupes dans les enquêtes sur la pauvreté. (réalisée par HIVA (KU Leuven), à la demande du Service, financée par la Politique scientifique fédérale).

Les résultats de l'enquête
EU-SILC 2014 sont les chiffres les plus récents disponibles à ce jour : les résultats relatifs au revenu et à la faible intensité de travail ont trait à la situation durant l'année précédente (2013);les résultats provisoires relatifs à la privation matérielle grave et à la pauvreté subjective rendent compte de la situation durant l'année de l'interview (2015) et proviennent de EU-SILC 2015. Pour l'enquête EU-SILC 2013, seuls les chiffres relatifs à la Belgique ont été livrés par Eurostat et la Direction générale Statistique - Statistics Belgium. Il en ira de même jusqu’à la modification de l’enquête (± 2018).

Les pourcentages de pauvreté selon les trois indicateurs sont présentés ci-dessous: (1) pauvreté monétaire, (2) privation matérielle grave et (3) faible intensité de travail.  Ces trois indicateurs forment ensemble l'indicateur européen de la pauvreté (4). Et enfin, l'indicateur de pauvreté subjective est également expliqué (5).
 

1. Pauvreté monétaire

15,5 % de la population belge connaissaient en 2013 un risque de pauvreté si on se base sur le revenu net.

Le critère appliqué pour mesurer le risque de pauvreté est le seuil de 60% du revenu net médian équivalent. La possession d'une habitation n'y est pas prise en compte. Lorsque le revenu net total d'un ménage se situe en-dessous de ce seuil, on parle d'un risque de pauvreté. (source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium : Risque de pauvreté  et Glossaire EU-SILC). Selon les données d'EU-SILC 2014, 15,5 % de la population belge appartiennent au groupe courant un risque accru de pauvreté. Concrètement, cela signifie que 15,5 % de la population vivent dans un ménage ne disposant pas d'un revenu de 13.023 net par an, soit 1.085net par mois pour un isolé (chiffres arrondis), ou (chiffres arrondis) de 27.348 net par an ou 2.279 net par mois pour un ménage composé de deux adultes et deux enfants (<14ans). (source : SPF Économie - Direction générale Statistique et Information économique, EU-SILC 2014)

Tableau 1a: Evolution du seuil de pauvreté (60 % de la médiane du revenu disponible au niveau individuel), Belgique, SILC 2009-2014

 

SILC 2009

SILC 2010

SILC 2011

SILC 2012

SILC 2013

SILC 2014

Personne isolée

€ 11.588

€ 11.678

€ 12.005

€ 12.168

€ 12.890

€ 13.023

2 Adultes+2 enfants

 € 24.334

€ 24.525

€ 25.210

€ 25.553

€ 27.068

€ 27.348

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014


Le tableau 1b montre l'évolution du risque de pauvreté en Belgique durant les six dernières années. Le risque de pauvreté en Belgique se situe toujours autour des 15 %.

La différence entre le risque de pauvreté chez les femmes et chez les hommes a diminué et est faible en 2013: 15,9 % envers 15,0 %. Il faut garder à l'esprit que cette différence repose uniquement sur la différence entre les femmes célibataires et les hommes célibataires. La méthodologie implique en effet que les deux partenaires au sein d'un couple courent le même risque de pauvreté.
 

Tableau 1b : Taux de risque de pauvreté  (= le pourcentage de personnes vivant dans des ménages dont le revenu net du ménage équivalent total est inférieur à 60 % du revenu net médian national équivalent) selon le sexe, la Belgique, SILC 2009-2014

 

SILC 2009
(revenus 2008)

SILC 2010
(revenus 2009)

SILC 2011
(revenus 2010)

SILC 2012
(revenus 2011)

SILC 2013
(revenus 2012)

SILC 2014
(revenus 2013)

Femmes

15,7

15,2

16,0

15,9

15,5

15,9

Hommes

13,4

13,9

14,6

14,7

14,6

15,0

Total

14,6

14,6

15,3

15,3

15,1

15,5

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014


Le tableau 1c situe le chiffre belge de risque de pauvreté dans le contexte européen. Le taux de risque de pauvreté dans différents pays de l’Europe centrale et de l’Est (Slovaquie, Hongrie,...) n’est pas significativement plus élevé que dans les pays d’Europe occidentale et du Nord, alors que le niveau de vie des pays du premier groupe est moins élevé. Cela est dû au fait qu’il s’agit d’une mesure relative de la pauvreté, calculée sur la base du revenu médian dans chaque pays séparément. Le raisonnement à la base de ce choix est le suivant: un niveau de vie minimal acceptable - et donc aussi le seuil de risque de pauvreté – dépend de la situation socioéconomique spécifique du pays en question. 
 

Tableau 1c : Taux de risque de pauvreté  (= le pourcentage de personnes vivant dans des ménages dont le revenu net du ménage équivalent total est inférieur à 60 % du revenu net médian national équivalent), Etats membres de l'Union européenne, SILC 2009-2014

 

SILC 2009
(revenus 2008)
SILC 2010
(revenus 2009)
SILC 2011
(revenus 2010)
SILC 2012
(revenus 2011)
SILC 2013
(revenus 2012)
SILC 2014
(revenus 2013)

UE-28

-

16,5

16,9

16,8

16,7

17,2

Allemagne

15,5

15,6

15,8

16,1

16,1

16,7

Autriche

14,5

14,7

14,5

14,4

14,4

14,1

Belgique

14,6

14,6

15,3

15,3<

15,1

15,5

Bulgarie

21,8

20,7

22,2

21,2

21,0

21,8

Chypre

15,8

15,6

14,8

14,7

15,3

14,4

Croatie

-

20,6(b)

20,9

20,4

19,5

19,4

Danemark

13,1

13,3

13,0

13,1

11,9(b)

12,1

Espagne

20,4

20,7

20,6

20,8

20,4

22,2

Estonie

19,7

15,8

17,5

17,5

18,6

21,8(b)

Finland

13,8

13,1

13,7

13,2

11,8

12,8

France

12,9

13,3

14,0

14,1

13,7

13,3

Grèce

19,7

20,1

21,4

23,1

23,1

22,1

Hongrie

12,4

12,3

14,1

14,0

14,9

14,6

Irlande

15,0

15,2

15,2

15,7

14,1

15,3

Italie

18,4

18,7

19,8

19,5

19,3

19,4

Lettonie

26,4

20,9

19,0

19,2

19,4

21,2

Lituanie

20,3

20,5

19,2

18,6

20,6

19,1

Luxembourg
(Grand-Duché)

14,9

14,5

13,6

15,1

15,9

16,4

Malte

14,9

15,5

15,6

15,1

15,7

15,9

Pays-Bas

11,1

10,3

11,0

10,1

10,4

11,6

Pologne

17,1

17,6

17,7

17,1

17,3

17,0

Portugal

17,9

17,9

18,0

17,9

18,7

19,5

Roumanie

22,4

21,1

22,2

22,6

22,4

25,4

Slovaquie

11,0

12,0

13,0

13,2

12,8

12,6

Slovénie

11,3

12,7

13,6

13,5

14,5

14,5

République tchèque

8,6

9,0

9,8

9,6

8,6

9,7

Royaume-Uni

17,3

17,1

16,2

16,0(b)

15,9

16,8

Suède

13,3

12,9

14,0

14,1

14,8

15,1

(b) Série interrompue
(
p) Provisoire
- Données non disponibles
Source : Eurostat


L'âge joue aussi un rôle (tableau 1d).  La pauvreté est plus élevé chez les jeunes (16-24 ans), il est de 20,4;  chez les enfants (0-15 ans) il est de 17,9 % . Les conséquences de la pauvreté sur les jeunes ont été étudiées en détails lors de l’enquête EU-SILC 2009 (SPF Économie - Direction générale Statistique et Information économique, Le risque de pauvreté se stabilise mais les enfants vivant dans la pauvreté sont particulièrement vulnérables. Communiqué de presse 14 octobre 2011).
Le risque de pauvreté
s'élève à 16,1 % chez les personnes âgées (65+). Ce chiffre doit cependant être nuancé parce qu’il ne tient pas compte du fait de disposer d’une fortune ou d’être propriétaire d’un immeuble (dont l’emprunt hypothécaire est remboursé). Ceci est expliqué dans la fiche 'Combien de personnes âgées sont-elles confrontées à la pauvreté en Belgique ? '

Tableau 1d : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) selon l'âge, la Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)

 

Risque de pauvreté

Total

15,5

0-15

17,9

16-24

20,4

25-49

14,4

50-64

11,8

65 et +

16,1

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium :  EU-SILC 2014
 

Le tableau 1e montre le taux de risque de pauvreté selon le statut d'activité. Le fait d'avoir un emploi apparaît comme un garde-fou important contre la pauvreté. Le risque de pauvreté des personnes actives (4,8 %) est nettement inférieur à celui des chômeurs (42,9 %), pensionnés (12,9 %) et autres personnes inactives (31,3 %). Cependant, le chiffre de risque de pauvreté des travailleurs sous-évalue le travail non enregistré, dans lequel certaines personnes plus vulnérables se réfugient pour survivre.

Tableau 1e : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) selon le statut d'activité le plus fréquent*, la Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)

 

Risque de pauvreté

Travailleurs

4,8

Chômeurs

42,9

Pensionnés

12,9

Autres inactifs

31,3

* Le statut d'activité le plus fréquent est défini comme le statut que les personnes déclarent avoir occupé pendant plus de la moitié des mois dans l'année civile précédente.
Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014

L’intensité avec laquelle les membres du ménage travaillent a aussi un impact considérable sur le risque de pauvreté. Cet indicateur mesure le rapport entre le nombre de mois de travail prestés (par tous les membres du ménage appartenant à la classe d’âge de 0 à 59 ans) et le nombre de mois ouvrables, c’est-à-dire pendant lesquels il est possible de travailler. A titre d'exemple : une personne isolée a une intensité de travail de 1 si, au cours de l'année qui précède, sa principale activité était de travailler durant 12 mois sur 12 mois ouvrables (12/12). Une personne a une intensité de travail de 0,5 si sa principale activité était de travailler durant 6 mois sur 12 (6/12)… Pour un couple, le nombre de mois ouvrables s'élève à 24 (2 x 12). Un couple aura donc une intensité de travail de 1 si chacun des partenaires a travaillé 12 mois (24/24). Un couple aura une intensité de travail de 0,5 si le cumul de leurs mois prestés est de 12 sur un total de 24 mois ouvrables, etc.
On peut ainsi vérifier l’influence sur le risque de pauvreté du nombre de mois travaillés par le ménage.
Comme prévu, il y a un rapport inverse entre le nombre de mois travaillés et le risque de pauvreté : plus grand est le nombre de mois travaillés, plus faible est le risque de pauvreté. De même, la variation du risque de pauvreté selon l’intensité de travail est déterminée dans une grande mesure par le nombre d’enfants à charge. Les personnes ayant, en 2013, vécu au sein d’un ménage avec enfants et n’ayant pas travaillé (intensité de travail = 0), se trouvent dans la situation la plus précaire. Parmi elles,
74,4 % vivent sous le seuil de pauvreté. Ce pourcentage est de 47,9 % pour les personnes n'ayant pas travaillé mais faisant partie d’un ménage sans enfant. Le risque de pauvreté, à intensité de travail maximale, descend à 2,7 % chez les membres d’un ménage avec enfants qui travaillent à temps plein (pour les ménages sans enfant ce chiffre est de 2,9 %).

 Tableau 1f : Taux de risque de pauvreté (<60% du revenu net médian) selon l'intensité de travail du ménage et le fait d’avoir ou non des enfants, la Belgique, SILC 2013 (revenus 2012)

 

Sans enfants dépendants Avec enfants dépendants

Intensité de travail  0

47,9

74,4

Intensité de travail entre 0 et 1

8,2

 

Intensité de travail entre 0-0,5

 

43,0

Intensité de travail entre 0,5 et 1

 

8,8

Intensité de travail  1

2,9

2,7

Intensité de travail : nulle (0), entre nulle et maximale (entre 0 et 0,5 ou 0,5 et 1), maximale (1)
Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014
 

Quant au type de ménage, on constate que les isolés (22,4%) et les familles monoparentales (36,4%) en particulier sont davantage confrontés au risque de pauvreté que les ménages ayant plusieurs revenus. (Tableau 1g)

Tableau 1g : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) par type de ménage*, la Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)

Ménage d'une personne total

22,4

Ménage d'une personne 65- homme

23,2

Ménage d'une personne 65- femme

28,0

Ménage d'une personne 65+ homme

17,2

Ménage d'une personne 65+ femme

18,1

2 Adultes pas d'enfant dépend. (au moins une pers. 65+)

14,1

2 Adultes, pas d'enfant dépend. (tous les deux -65)

8,1

Autre ménage pas d'enfant dépend.

9,2

Tous les ménages sans enfant dépendants

14,2

Ménage monoparental avec enfants dépendants

36,4

2 Adultes, 1 enfant dépend.

10,3

2 Adultes, 2 enfants dépend.

10,2

2 Adultes, 3 enfants dépend. ou plus

20,0

Autre ménage avec enfants

17,6

Tous les ménages avec enfants dépendants

16,6

* Par enfant dépendant, on entend les personnes âgées de 0 à 15 ans inclus et les personnes de 16 à 24 ans inclus si elles sont inactives et habitent chez au moins un parent.
Source
: Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014


Au sein d’une société dans laquelle la formation est de plus en plus déterminante pour la position sur l’échelle sociale, ceux qui n’ont bénéficié que d’une formation de faible niveau se retrouvent souvent exclus.  Les personnes peu instruites courent un risque de pauvreté nettement plus élevé (25,8 %) que celles qui sont très instruites (6,7 %). (Tableau 1h)

Tableau 1h : Taux de risque de pauvreté (<60 % du revenu net médian) selon le niveau d'éducation (personnes de 18 ans et +), Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)


Faible niveau d'éducation

25,8


Niveau moyen d'éducation

13,3


Haut niveau d'éducation

6,7

Source :  Direction générale Statistique - Statistics Belgium :  EU-SILC 2014
 

Le risque de pauvreté des locataires (34,7 %) est environ trois fois supérieur à celui des propriétaires (8,4 %).

Tableau 1i : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) selon le statut de propriétaire/locataire du ménage, la Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)

Propriétaire

8,4

Locataire

34,7

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014
 

Il existe de grandes différences selon l'origine : le risque de pauvreté chez les personnes nées à l’étranger est trois fois plus élevé que chez les personnes nées en Belgique. La différence augmente encore lorsque la personne est originaire d’un pays hors l’EU-28. (Tableau 1j)

Tableau 1j : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) par grand groupe de pays de naissance, (population âgée de 18 ans et plus), la Belgique, SILC 2014

Pays de l'UE-28 excepté la Belgique

19,0

Pays hors UE-28 et hors la Belgique

44,7

Pays étranger

33,1

Belgique

11,1

Source : Eurostat


La sécurité sociale et l'aide sociale
ont un effet protecteur important. Si l’on compare la situation réelle (des transferts sociaux ont lieu) avec une situation fictive (les transferts sociaux seraient absents), on arrive aux résultats suivants : dans le cas de figure où ne serait perçue aucune allocation à l’exception des pensions de retraite, le revenu de 27,5 % de la population se trouverait sous le seuil de pauvreté (cf. 15,5 % dans la situation réelle) ; dans le cas de figure où aucune allocation d’aucune sorte (y compris pensions de retraite) ne serait versée, le risque de pauvreté grimperait à 43,1 % de la population. (Tableau 1k)

Tableau 1k : Taux de risque de pauvreté  (<60 % du revenu net médian) avant tous les transferts sociaux, après les pensions et après tous les transferts sociaux, la Belgique, SILC 2014 (revenus 2013)

 

Total

Femme

Homme

Avant tous les transferts sociaux

43,1

45,1

41,0

Après les pensions

27,5

27,7

27,3

Après tous les transferts sociaux

15,5

15,9

15,0

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014

 

2. Privation matérielle grave

Les résultats de l' EU-SILC 2015 relatifs à la privation matérielle grave rendent compte de la situation durant l'année de l'interview (2015).
Cet indicateur décrit la situation des personnes qui ne peuvent acquérir des biens ou des services qui sont considérés comme essentiels pour vivre en Europe.

Les personnes sont 'en situation de privation matérielle grave' lorsqu'elles sont confrontées à au moins 4 des 9 situations suivantes :
ne pas être en mesure
1) de payer un loyer ou des factures courantes
2) de chauffer correctement son domicile
3) de faire face à des dépenses imprévues
4) de consommer de la viande, du poisson ou un équivalent de protéines tous les deux jours
5) de s’offrir une semaine de vacances en dehors du domicile
6) de posséder une voiture personnelle
7) de posséder un lave-linge
8) de posséder un téléviseur couleur
9) de posséder un téléphone.

D'après cet indicateur, 5,8 % de la population souffrent de privation matérielle grave.

Tableau 1l : Pourcentage privation matérielle grave, Belgique, SILC 2009-2015

 

SILC 2009

SILC 2010

SILC 2011

SILC 2012

SILC 2013

SILC 2014

SILC 2015

Belgique

5,2

5,9

5,7

6,3

5,1

5,9 5,8*

*Provisoire
Source
: Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2015 

 

3. Très faible intensité de travail

Cet indicateur décrit la situation de personnes membres d’un ménage dans lequel personne ne travaille (ou dans lequel les membres ne travaillent que très peu) mais qui ne disposent pas nécessairement d’un revenu très faible. Une personne en situation de très faible intensité de travail est une personne âgée de 0 à 59 ans vivant dans un ménage dans lesquel les adultes (étudiants exclus) ont travaillé moins  d’un cinquième de leur temps pendant l’année de référence.

En 201
3, 14,6 % de la population (0-59 ans) vivaient dans un ménage à très faible intensité de travail.

Tableau 1m : Pourcentage de très faible intensité de travail, Belgique, SILC 2009-2014

 

SILC 2009

SILC 2010

SILC 2011

SILC 2012

SILC 2013

SILC 2014

Belgique

12,3

12,7

13,8

13,9

14,0

14,6

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014

4. Indicateur européen de la pauvreté

Les personnes confrontées à au moins un de ces trois risques (pauvreté monétaire, privation matérielle grave ou faible intensité de travail) sont considérées comme à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Selon cet indicateur européen, en Belgique, 21,2 % des personnes courent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Tableau 1n : Pourcentage à risque de pauvreté ou exclusion sociale,
Belgique, SILC 2009-2014

 

SILC 2009

SILC 2010

SILC 2011

SILC 2012

SILC 2013

SILC 2014

Belgique

20,2

20,8

21,0

21,6

20,8

21,2

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014


Le tableau 1o donne un aperçu du nombre de personnes qui connaissent un risque de pauvreté selon le type d''indicateur de pauvreté .

Tableau 1o : Taux de pauvreté sur base de revenu, de privation matérielle grave, de faible intensité de travail et indicateur européen de pauvreté, Belgique, EU-SILC 2014

 

Personnes à risque de pauvreté monétaire (%)

Personnes appartenant à un ménage confronté à une privation matérielle grave (%)

Personnes (0-59) appartenant à un ménage à faible intensité de travail (%)

A risque de pauvreté ou exclusion sociale (indicateur européen) (%)

Total

15,5

5,9

14,6

21,2

Sexe

 

 

 

 

Homme

15,0

6,2

14,3

20,9

Femme

15,9

5,6

14,9

21,6

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014


Tableau 1p: Taux de pauvreté sur base de revenu, de privation matérielle grave, de faible intensité de travail et indicateur européen de pauvreté, Etats membres de l'Union européenne, SILC 2008 et 2014

 

Personnes à risque de pauvreté monétaire (%)

Personnes appartenant à un ménage confronté à une privation matérielle grave (%)

Personnes (0-59) appartenant à un ménage à faible intensité de travail (%)

A risque de pauvreté ou exclusion sociale (indicateur européen)

(%)

nombre de personnes
(x1000)

 

2008

2014

2008

2014

2008

2014

2008

2014

2008

2014

UE-28*

16,6

17,2

8,5

8,9

9,1

11,1

23,8

24,4

116.570

121.860

Allemagne

15,2

16,7

5,5

5,0

11,7

10,0

20,1

20,6

16.340

16.510

Autriche

15,2

14,1

5,9

4,0

7,4

9,1

20,6

19,2

1.700

1.610

Belgique

14,7

15,5

5,6

5,9

11,7

14,6

20,8

21,2

2.190

2.340

Bulgarie**

21,4

21,8

41,2

33,1

8,1

12,1

44,8

40,1

3.420

2.910

Chypre

15,9

14,4

9,1

15,3

4,5

9,7

23,3

27,4

180

230

Croatie

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

Danemark**

11,8

11,9

2,0

3,2

8,5

12,1

16,3

17,8

890

1.000

Espagne

20,8

22,2

3,6

7,1

6,6

17,1

24,5

29,2

11.120

13.400

Estonie

19,5

-

4,9

-

5,3

-

21,8

-

290

-

Finland

13,6

12,8

3,5

2,8

7,5

10,0

17,4

17,3

910

930

France

12,5

13,3

5,4

4,8

8,8

9,7

18,5

18,6

11.150

11.520

Grèce

20,1

22,1

11,2

21,5

7,5

17,2

28,1

36,0

3.050

3.880

Hongrie

12,4

14,6

17,9

23,9

12,0

12,2

28,2

31,1

2.790

3.040

Irlande

15,5

-

5,5

-

13,7

-

23,7

-

1.050

-

Italie**

18,7

19,6

7,5

11,5

9,8

12,0

25,3

28,1

15.100

17.040

Lettonie

25,9

21,2

19,3

19,2

5,4

9,6

34,2

32,7

740

650

Lituanie

20,9

19,1

12,5

13,6

6,1

8,8

28,3

27,3

910

800

Luxembourg
(Grand-Duché)

13,4

-

0,7

-

4,7

-

15,5

-

70

-

Malte

15,3

15,9

4,3

10,2

8,6

9,8

20,1

23,8

80

100

Pays-Bas**

10,5

11,6

1,5

3,2

8,2

11,1

14,9

17,1

2.430

2.850

Pologne

16,9

17,0

17,7

10,4

8,0

7,3

30,5

24,7

11.490

9.340

Portugal

18,5

19,5

9,7

10,6

6,3

12,2

26,0

27,5

2.760

2.860

Roumanie

23,4

25,4

32,9

26,3

8,3

6,4

44,2

40,2

9.420

8.550

Slovaquie

10,9

12,6

11,8

9,9

5,2

7,1

20,6

18,4

1.110

960

Slovénie

12,3

14,5

6,7

6,6

6,7

8,7

18,5

20,4

360

410

République tchèque

9,0

9,7

6,8

6,7

7,2

7,6

15,3

14,8

1.570

1.530

Royaume-Uni

18,7

-

4,5

-

10,4

-

23,2

-

14.070

-

Suède

12,2

15,1

1,4

0,7

5,5

6,4

14,9

16,4

1.370

1.640

*Les données 2008 ne comprennent pas la Croatie. Les données 2014 comprennent des estimations pour les Etats membres manquants.
**
Bulgarie et Danemark : rupture dans la série. Italie et Pays-Bas : données 2014 provisoires.
- Données non disponibles.
Source : Eurostat, Communiqué de presse
'1 Personne sur 4 dans l'UE touchée par le risque de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2014', 16 octobre 2015.

 

5. Pauvreté subjective

Outre les indicateurs 'objectifs' qui mesurent le taux de pauvreté, l'enquête EU-SILC analyse aussi la pauvreté subjective. La pauvreté subjective est basée sur l’estimation que font les répondants de leur difficulté à joindre les deux bouts au moment de l’interview. En 2015, 20,4 % des Belges indiquaient avoir des difficultés ou de grandes difficultés à s'en sortir.

Tableau 1q : Pourcentage pauvreté subjective, Belgique, SILC 2009-2015

 

SILC 2009

SILC 2010

SILC 2011

SILC 2012

SILC 2013

SILC 2014

SILC 2015

Belgique

21,1

20,7

20,8

22,0

20,9

20,2

20,4*

*Provisoire
Source
: Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2015

 

Tableau 1r : Taux de pauvreté subjective et taux de pauvreté sur base du revenu selon caractéristiques (sexe, classe d'âge, activité, type de ménage, niveau d'éducation), Belgique, EU-SILC 2014.

Caractéristiques Taux de pauvreté subjective Taux de pauvreté basé sur le revenu

Total

20,2

15,5

Hommes

19,9

15,0

Femmes

20,4

15,9

16-24

24,1

20,4

25-49

21,0

14,4

50-64

17,5

11,8

65+

15,2

16,1

Travailleur

11,7

4,8

Chômeur

50,3

42,9

Parent seul

43,8

36,4

Niveau d'éducation bas

31,1

25,8

Niveau d'éducation moyen

18,9

13,3

Niveau d'éducation élevé

9,3

6,7

Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium : EU-SILC 2014

 

Dernière mise à jour : 01/03/2016
Cette mise à jour concerne uniquement les indicateurs 'privation matérielle grave' et 'pauvreté subjective' et les tableaux 1c et 1p.