S
ervice de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale

Nederlands

Des faits et des chiffres

La santé des personnes vivant dans la pauvreté est-elle moins bonne ?

Oui. Les chiffres révèlent que les personnes ayant un statut social plus bas (niveau de formation, statut professionnel, niveau de revenu) sont souvent en moins bonne santé,  ont moins accès aux soins de santé et meurent plus jeunes que celles occupant une position plus élevée sur l'échelle sociale.

Commentaire :

L'espérance de vie des Belges continue à augmenter et la mortalité infantile à diminuer. Les inégalités sociales dans le domaine de la santé restent cependant importantes. Pour la plupart des indicateurs de santé, un gradient social est clairement visible. Les indicateurs belges, bons en moyenne, sont par conséquent une moyenne entre la très bonne santé de la population aisée et la santé plutôt mauvaise de la population plus pauvre. Les indicateurs confirment donc l'existence de fortes inégalités dans le domaine de l'état de santé, du comportement de santé et de l'accès aux soins de santé. Ces différences se manifestent dans pratiquement tous les indicateurs: mortalité infantile, évaluation subjective de la santé, degré de difficulté dans l'accomplissement des activités quotidiennes à la suite d'une maladie, dépression, surcharge pondérale, tabagisme, participation aux examens de dépistage du cancer du col de l'utérus et du cancer du sein.

On constate des différences importantes entre les Régions; les indicateurs montrent un meilleur état de santé de la population en Flandre par rapport à Bruxelles et surtout à la Wallonie. Ces différences en matière de santé sont probablement intimement liées aux inégalités sociales parallèles (source : PANincl,
Indicateurs, pp. 14-15).


On peut conclure des recherches antérieures, basées sur des données collectées entre 1991 et 1997, qu'en Belgique, les personnes avec un niveau de qualification peu élevé (pas de diplôme ou seulement un diplôme de l'enseignement primaire) vivent non seulement moins longtemps (femmes: 2,8 ans; hommes: 5,2 ans) mais connaissent également beaucoup moins longtemps une vie en bonne santé (femmes: 14,5 ans; hommes: 15,5 ans) que les personnes très qualifiées (diplôme de l'enseignement supérieur) (source : PANincl 2006-2008 : Indicateurs). Plus le niveau d’instruction est élevé, meilleur est l’accès aux informations en matière de santé et mieux on est préparé pour mettre ces connaissances en pratique. D’autre part, le niveau d’instruction contribue à déterminer la position sur le marché du travail et la satisfaction professionnelle et donc, indirectement, l’état de santé. Il existe également un lien évident entre la position socio-économique et le style de vie (source : Rapport Stratégique sur la protection sociale et l’inclusion sociale 2006-2008, p. 68).
 

Tableau 9a: Différence en termes d'espérance de vie en bonne santé et d'espérance de vie (en années) à 25 ans entre la population ayant le niveau d'éducation le plus bas et celle ayant le niveau le plus haut, selon le sexe, la Belgique et les régions 1991-1996/1997

  Espérance de vie en bonne santé Belgique
 
Espérance de vie Belgique Espérance de vie en
bonne santé Région
flamande
Espérance de vie Région flamande Espérance de vie en
bonne santé Région
wallonne
Espérance de vie Région wallonne
Femmes 14,5 2,8 17 3 15,6 2,7
Hommes 15,5 5,2 14,1 4,7 17,8 6,2

Source : Recensement / Registre national / Enquête Santé - ISP cités dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, p. 103


Les chiffres relatifs à la mortalité infantile en fonction de la catégorie socioprofessionnelle du père montrent qu'il existe un rapport inverse entre les deux variables : plus la catégorie socioprofessionnelle du père est basse, plus le risque de mortalité infantile est grand, même si les différences se réduisent avec le temps. Des analyses relatives à la Région Flamande et à la Région de Bruxelles-Capitale basées sur des données plus récentes confirment cependant l’importance inchangée du statut socio-économique des parents en ce qui concerne la mortalité infantile (source : Rapport Stratégique sur la protection sociale et l’inclusion sociale 2006-2008). En outre, il existe un lien entre le bon déroulement de la grossesse et le taux de scolarisation : le risque de mortalité infantile est presque quatre fois plus élevé chez les femmes enceintes peu instruites que chez celles plus instruites. En outre, les risques d'accouchement prématuré, de faible poids ou de malformation à la naissance sont deux fois plus élevés chez elles (source : Vranken Jan, De Boyser Katrien & Dierckx Danielle (red.) (2003), Armoede en sociale uitsluiting. Jaarboek 2003).


Tableau 9b :
Mortalité infantile selon la catégorie socioprofessionnelle du père (couples mariés - pour 1000 nés vivants et morts-nés), Belgique

  1980-1984 1985-1989 1990-1994
Mortinatalité      
Catégorie 1 4,91 4 3,16
Catégorie 2 6,21 5,28 3,99
Catégorie 3 7,51 5,88 4,82
Catégorie 4 9,41 8,22 6,21
       
Mortalité infantile 0-6 jours      
Catégorie 1 4,49 3,26 2,57
Catégorie 2 5,22 3,9 3,02
Catégorie 3 6 4,24 3,2
Catégorie 4 6,58 4,98 3,94
       
Mortalité infantile 7-364 jours      
Catégorie 1 4,19 4,12 2,84
Catégorie 2 4,83 4,62 4,09
Catégorie 3 5,55 5,36 4,6
Catégorie 4 7,09 6,19 5,41

Catégorie 1: professions libérales, médicales, paramédicales et assimilées
Catégorie 2: les enseignants et professions administratives
Catégorie 3: les ouvriers qualifiés, artisans et commerçants
Catégorie 4: les ouvriers spécialisés, manoeuvres et assimilés

source : Masuy-Stroobant Godelieve, Gourbin Catherine, Masuy Bernard (2001), Santé et mortalité foeto-infantile. Evolution des facteurs de risque au niveau régional de 1980 à 1994, dans: Etudes Statistiques INS n°. 107 cité dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, pp. 104-105


Des chiffres récents (rassemblés par l'agence flamande 'Zorg en Gezondheid') indiquent une tendance similaire. Les enfants d'indépendants, de personnes exerçant une profession libérale et d'employés risquent moins de décéder avant leur premier anniversaire. Le risque de mortalité est accru chez les enfants d'ouvrières. Si la mère est sans emploi, le risque de mortalité infantile est beaucoup plus élevé que si elle a un statut d’employée. En outre, les parents ayant un diplôme de l’enseignement supérieur risquent moins de perdre leur enfant que ceux qui sont peu scolarisés : plus d'info (uniquement en néerlandais).
 

Si nous examinons le pourcentage de la population (16 ans et plus) qui considère que sa santé est mauvaise ou très mauvaise, nous sommes frappés par la grande différence qui existe en fonction du niveau de revenu et du niveau d'instruction. 14% de la population en dessous du seuil de pauvreté ont l’impression que leur santé est mauvaise à très mauvaise contre 7,8% de la population au-dessus du seuil de pauvreté (source : SPF Economie - Direction générale Statistiques (2006), Communiqué de presse EU-SILC 2004). 45% des personnes n'ayant aucun diplôme ou seulement un diplôme de l'enseignement primaire déclarent être en mauvaise santé (subjective). Ce pourcentage baisse ensuite régulièrement pour ne plus représenter que 14% chez les personnes détenant un diplôme de l'enseignement supérieur (source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004).


Tableau 9c :
Pourcentage de la population qui juge sa santé mauvaise à très mauvaise (auto-évaluation), en dessous ou au-dessus du seuil de pauvreté, la Belgique, 2004.

2004 Total en dessous du seuil de pauvreté au-dessus du seuil de pauvreté
Santé mauvaise ou très mauvaise (autoévaluation) 8,7 14 7,8

source : SPF Economie - Direction générale Statistiques (2006), Communiqué de presse EU-SILC 2004

 

Tableau 9d : Distribution de la population (de 15 ans et plus) selon l'état de santé subjective, par niveau d'instruction, la Belgique, 2004

Niveau d'instruction Bonne à très bonne Très mauvaise à moyenne
Primaire ou sans diplôme 55, 44,9
Secondaire inférieur 69,5 30,5
Secondaire supérieur 79,5 20,5
Enseignement supérieur 86,4 13,6
Total 77,0 23,0

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 27.
 

En ce qui concerne la santé mentale, l'enquête santé a constaté une dépression chez 8% de la population âgée de 15 ans et plus. Les dépressions sont sensiblement plus fréquentes chez les femmes (10% contre 5,8% chez les hommes), les personnes malades / invalides (38%), les demandeurs d’emploi (12%), les personnes à bas revenu et celles peu instruites.


Tabl
eau 9e :
Pourcentage de la population (15+) qui est qualifié comme dépressif sur la base de la sous-échelle SCL-90-R pour dépression selon le sexe, le statut d'activité et le niveau de revenu, la Belgique et les régions, 2004

  Belgique Région de Bruxelles Capitale Région flamande Région wallonne
total 7,9 10,4 7,4 9,7
homme 5,7 7,3 5,7 6,6
femme 9,9 12,9 9 12,5
         
statut d'activité        
travailleurs 5,3 6,6 4,8 6
chômeurs 12,1 14 8 16,8
pensionnés 10 13,3 9,7 12,3
malades/invalides 38,2 31,5 34,4 38,1
autres écon. inactifs 6,5 9,3 5 8,3
         
niveau de revenu        
premier quintile 17,9 19,4 14,8 20,3
deuxième quintile 12,2 9,6 11,3 14,5
troisième quintile 7,5 9,8 7 8
quatrième quintile 7,9 8,6 8 8,4
cinquième quintile 4,7 6,3 5,1 5,9

source : Enquête Santé - ISP citée dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, pp. 108-110



Tabl
eau 9f :
Pourcentage de la population (15+) qui est qualifié comme dépressif sur la base de la sous-échelle SCL-90-R pour dépression selon le niveau d'instruction, Belgique, 2004

  primaire ou sans diplôme secondaire inférieur secondaire supérieur enseignement supérieur total
2004 13,4 10,3 7,4 5,1 7,9

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 251


Il existe également des différences sur le plan des maladies chroniques : 50,3% des personnes ayant obtenu tout au plus un diplôme d'enseignement primaire souffrent au moins d'une ou de plusieurs maladies chroniques alors que chez celles ayant un diplôme d'enseignement supérieur, ce pourcentage est de
presque 22% (source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 116).


Tabl
eau 9g :
Pourcentage de la population souffrant d'au moins une ou plusieurs maladies chroniques, par niveau d'instruction, la Belgique, 2004

  primaire ou sans diplôme secondaire inférieur secondaire supérieur enseignement supérieur total
2004 50,3 37,4 28 21,9 30,1

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 116
 


Environ 10% de la population belge âgée de 16 ans et plus sont gravement gênés par une maladie dans leurs activités quotidiennes par une maladie, des affections ou un handicap. Il y a une différence notable en fonction du niveau de revenu
et du sexe (source : SPF Economie - Direction générale Statistiques (2006), Communiqué de presse EU-SILC 2004 et PANincl. 2006-2008, Indicateurs).

 

Tableau 9h : Pourcentage de personnes de 16 ans et plus qui ont des problèmes dans leurs occupations quotidiennes à la suite d'une maladie, d'une affection ou d'un handicap, selon le sexe et le niveau de revenu, la Belgique et les régions, 2004.

  Belgique Région flamande Région wallonne
total 10,1 8,6 12,5
homme 8,6 7,4 10,2
femme 11,1 9,7 14,6
       
niveau de revenu      
premier quintile 15,7 14,8 16,7
deuxième quintile 13,5 11,6 16,6
troisième quintile 10,4 9,4 11,7
quatrième quintile 6 4,8 9
cinquième quintile 5 4,4 6,9

source : EU-SILC 2004 – SPF Sécurité Sociale cités dans PANincl 2006-2008, Indicateurs, pp. 111-112



Tableau 9i :
Pourcentage de personnes de 16 ans et plus qui ont des problèmes dans leurs occupations quotidiennes à la suite d'une maladie, d'une affection ou d'un handicap, en dessous ou au-dessus du seuil de pauvreté, la Belgique, 2004.

2004 Total en dessous du seuil de pauvreté au-dessus du seuil de pauvreté
Souffre d’une maladie ou d’une affection chronique ou d’un handicap et est limité dans ses activités quotidiennes 10,1 15,2 9,2

source : SPF Economie - Direction générale Statistiques (2006), Communiqué de presse EU-SILC 2004



Il existe un rapport entre la pauvreté et l'incidence de la tuberculose. Les risques d'infection par la TBC et de développement de la maladie sont liés à la sous-alimentation, à la promiscuité, à une mauvaise aération et à des installations sanitaires de mauvaise qualité. La pauvreté peut également entraver le traitement efficace de la maladie (mauvais accès à l'information et au traitement). Sur le plan territorial, il existe aussi une corrélation avec l'urbanisation. L'incidence est concentrée dans des groupes à risque spécifiques, comme les demandeurs d'asile et les personnes sans abri. En 2005, on a constaté en Belgique 11 cas de TBC pour 100.000 habitants (en 2004 11,8/100.000). Le chiffre est de 5,9/100.000 pour les Belges et de 66,7/100.000 pour les non Belges. Chez ces derniers, l’incidence diminue fortement (45,4/100.000) lorsqu’on ne tient pas compte des demandeurs d’asile. Le nombre de nouveaux cas de tuberculose est beaucoup plus élevé en Région de Bruxelles Capitale (34,1/100.000) qu’en Flandre (8,3/100.000) et en Wallonie (8,8/100.000). L'incidence se concentre surtout dans les grandes villes comme Bruxelles (34,1/100.000), Anvers (23,4/100.000), Liège (21,6/100.000) et Charleroi (17,4/100.000) (source : Fonds des Affections Respiratoires (FARES) (2007), Registre belge de la tuberculose 2005, pp. 12-24).


Tableau 9j : Le nombre de nouveaux cas de tuberculose active par 100.000 habitants, la Belgique et les régions, 1995-2005

  1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Belgique 13,6 13,3 12,7 11,8 12,4 12,8 12,9 12,7

10,9

11,8 11
Région de Bruxelles Capitale 34,9 37,4 36,5 32,5 32,0 38,2 36,7 42,6

36,1

34,2 34,1
Région flamande 10,7 10,4 9,4 9,2 9,2 9,6 10,2 9,4

7,6

9,4 8,3
Région wallonne 12,6 11,6 11,7 10,5 12,6 11,3 12,8 9,8

9,4

9,4 8,8

source: Données administratives – FARES / VRGT citées dans dans PANincl 2006-2008, Indicateurs, p. 113 et Fonds des Affections Respiratoires (FARES) (2007), Registre belge de la tuberculose 2005, p. 12


 

Tableau 9k : Le nombre de nouveaux cas de tuberculose active par 100.000 habitants selon la nationalité, la Belgique, 1995-2005

  1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
total 13,6 13,3 12,7 11,8 12,4 12,8 12,9 12,7 10,9 11,8 11
Belges 10 9,7 9,4 8,3 8,7 8,1 7,6 6,8 5,5 6,1 5,9
non Belges 50 47,4 46,1 47,3 51,7 61,9 70,7 78,1 71,5 75,4 66,7
non Belges en provenance de pays à haute incidence 110,3 113,9 105,3 111,1 135,1 162,2 190,2 234,4 216,3 227,7 205

Source : Données administratives – VRGT / FARES citées dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, p. 113 et Fonds des Affections Respiratoires (FARES) (2007), Registre belge de la tuberculose 2005, p. 23

 

Les facteurs de risque relatifs au mode de vie et aux habitudes alimentaires expliquent en partie les différences constatées sur le plan de la santé. Il est prouvé que l'obésité et le tabagisme surtout sont plus fréquents chez les personnes peu instruites : dans ce groupe, l'obésité est de 19,7% contre 6,4% chez les personnes de formation supérieure. Fait marquant : les obèses sont deux fois plus nombreux dans la catégorie de revenu la plus basse que dans celle de revenu la plus haute (soit 16,6% contre 8,5%).

Le tabagisme reste plus important dans les couches de la population les moins instruites. On y rencontre un taux plus élevé de fumeurs, de fumeurs quotidiens et de gros fumeurs (plus de 20 cigarettes par jour). L'âge moyen à l'initiation du tabagisme est plus jeune que dans le reste de la population, le nombre moyen de cigarettes fumées y est plus élevé et la dépendance au tabac constitue un problème plus fréquent. Plus de 13% des personnes peu instruites sont de gros fumeurs contre presque 6% des personnes plus instruites. Les gros fumeurs sont deux fois plus nombreux dans la catégorie de revenu la plus basse que dans celles aux revenus les plus hauts.
 

Tableau 9l : Prévalence d'obésité (IMC30+) dans la population adulte (18+) (%) selon le niveau d'instruction, la Belgique et les régions, 2004

  Belgique Région de Bruxelles Capitale Région flamande Région wallonne
total    12,6 11,8 11,1 15,3
bas 19,7 17,5 16,4 22,8
moyen 10,6 9,6 9,4 13,3
haut 6,4   6,9 5,7 8,6

source : Enquête Santé - ISP citée dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, p. 96

 

Tableau 9m : Prévalence d'obésité (IMC30+) dans la population adulte (18+) (%) selon le niveau de revenu, la Belgique, 2004

premier quintile deuxième quintile troisième quintile quatrième quintile cinquième quintile
16,6   16,2 14,2 12,7 8,5

source : Enquête Santé - ISP citée dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, p. 97

 

Tableau 9n : Pourcentage de grands fumeurs (20 cigarettes ou plus par jour) dans la population de 15 ans et plus selon le niveau d'instruction et le niveau de revenu, la Belgique et les régions, 2004

  Belgique Région de Bruxelles Capitale Région flamande Région wallonne
total    10,2   9,5 8,4 12
         
niveau d'instruction        
bas 13,4   12,9 8,7 16,4
moyen 11,2   9,4 10,8 13,1
haut 5,8   6,9 5,3 5,9
         
niveau de revenu        
premier quintile 15,8   13,8 8 23,3
deuxième quintile 11,8   9,7 8,7 16,1
troisième quintile 10,5   9,1 10,2 9,4
quatrième quintile 10,6   9,3 9,6 10,5
cinquième quintile 7,6   6,5 6,4 10,8

source: Enquête Santé - ISP citée dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, pp. 98-99

 

En ce qui concerne l'accès aux soins de santé, on observe de grandes différences socioéconomiques. C'est par exemple le cas du dépistage précoce du cancer du col de l'utérus: 55,7% des femmes de formation inférieure n'avaient pas fait effectuer de frottis au cours des trois années précédentes contre 28,1% dans le groupe de personnes plus instruites. Près de 63% des femmes appartenant à la catégorie de revenu la plus basse n’avaient pas fait effectuer de frottis contre 27,4% de celles appartenant à la catégorie de revenu la plus élevée. Remarquons que les femmes sont moins nombreuses à faire effectuer un frottis en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles.

 

Tableau 9o : Pourcentage de la population féminine (15+) n'ayant pas eu un frottis pour le dépistage du cancer du col au cours des 3 dernières années selon le niveau d'instruction et le niveau de revenu, la Belgique et les régions, 2004

  Belgique Région de Bruxelles Capitale Région flamande Région wallonne
total* 41,4      
niveau d'instruction        
bas 55,7 57,6 62,1 50
moyen 39,3 40,8 39,9 37,3
haut 28,1 23 30,6 30
         
niveau de revenu        
premier quintile 62,9 61,7 67,1 63,4
deuxième quintile 54,1 48,1 58,9 46,5
troisième quintile 47,4 43,8 50,8 48,1
quatrième quintile 38,1 31,3 39,9 39,4
cinquième quintile 27,4 20,2 32,2 26

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 314 et Enquête Santé - ISP citée dans PANincl. 2006-2008, Indicateurs, pp. 116-117

 

On note de grandes différences en matière de dépistage du cancer du sein aussi : 40,5% des femmes peu qualifiées âgées de 50 à 69 ans n'avaient pas passé de mammographie au cours des deux dernières années contre 22,5% des femmes très instruites.


Tableau 9p :
Pourcentage de femmes (de 50 à 69 ans) qui déclare avoir passé une mammographie au cours des deux dernières années selon le niveau d'instruction, la Belgique 2004

  primaire ou sans diplôme secondaire inférieur secondaire supérieur enseignement supérieur total
2004 40,5 29,5 28,8 22,5 29,0

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 254.


On observe aussi quelques différences socio-économiques, notamment en ce qui concerne le nombre moyen de contacts avec le médecin généraliste Il est clair qu'il augmente quand le niveau d'instruction diminue. De même, quand on examine le type de contact avec le généraliste (consultation à domicile ou visite au cabinet du médecin), on remarque que plus le niveau d'instruction est bas, plus la proportion de visites à domicile augmente. Chez les personnes détenant seulement un diplôme de l'enseignement primaire, voire aucun diplôme, 52% des contacts sont des visites à domicile contre 38% chez les personnes ayant un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur, 24% chez celles ayant un diplôme du secondaire supérieur et 18% chez les personnes les plus instruites. Enfin, signalons aussi que plus le niveau d'instruction baisse, plus le pourcentage de contacts réalisés à l'initiative du médecin est élevé. Il est de 10% chez les personnes les plus instruites contre 33% chez celles ayant un diplôme de l'enseignement primaire au maximum.
En matière de contacts avec un spécialiste aussi, on note des différences socio-économiques : c'est chez les personnes les plus instruites que le pourcentage de contacts pris par le patient lui-même est le plus élevé (64%). Il est de 50% pour les personnes ayant un diplôme de l'enseignement secondaire supérieur et 52% pour celles ayant un diplôme du secondaire inférieur. Le taux le plus faible (39%) est enregistré chez les personnes ayant au maximum un diplôme de l'enseignement primaire (source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, p. 71).
 

En Belgique, presque tout le monde bénéficie d'une assurance soins de santé (taux de couverture de plus de 99%) et des efforts particuliers sont fournis afin d'améliorer le remboursement pour les groupes vulnérables. En 2004 pourtant, près de 10% de la population vivait dans des ménages où une ou plusieurs personnes avaient dû reporter des soins de santé, voire y renoncer, au cours de l'année précédente pour des raisons financières. On observe de grandes différences en fonction du niveau d'éducation et des revenus. La situation des familles monoparentales est particulièrement problématique : plus de 28% d'entre elles affirment avoir reporté des soins de santé, voire y avoir renoncé. On note également de grandes différences régionales, de mauvais résultats étant enregistrés dans la Région de Bruxelles-Capitale principalement (source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004).


Tableau 9q :
Pourcentage de personnes vivant dans un ménage dont la personne de référence ou tout autre membre a eu à postposer des soins de santé ou à y renoncer pour des raisons financières dans le courant de l'année écoulée selon le sexe, l'âge, le niveau d'instruction, le revenu équivalent, le type de ménage et le niveau d'urbanisation, la Belgique et les régions, 2004

Belgique Région flamande Région de Bruxelles Capitale Région wallonne
total 10,1 5,3 17,5 15,6
sexe
homme 8,8 4,6 17,4 14,3
femme 14,1 8,1 17,8 19,3
groupe d'âge
15-24 8,5 3,0 18,3 3,7
25-34 11,3 5,7 13,8 18,6
35-44 13,1 7,7 21,4 20,6
45-54 10,5 4,1 23,5 16,2
55-64 9,3 4,4 19,2 14,6
65-74 7,4 4,4 12,0 11,5
75 et + 3,9 1,9 9,2 5,6
niveau d'instruction
Primaire ou sans diplôme 16,5 12,8 28,6 19,4
Secondaire inférieur 10,8 6,1 20,5 14,9
Secondaire supérieur 9,7 4,5 19,5 16,3
Enseignement supérieur 6,8 2,4 11,4 12,8
revenu équivalent
<750 € 18,7 8,4 31,6 24,2
750 - 1.000 € 19,7 9,6 25,4 29,0
1.000 - 1.500 € 11,5 7,9 17,9 14,7
1.500 - 2.500 € 11,3 6,7 13,9 17,8
>2.500 € 2,5 0,6 8,7 4,9
type de ménage
Isolé 11,0 6,1 15,6 15,0
Ménage monoparental 28,6 26,0 30,0 30,8
Couple sans enfants 6,0 3,3 12,6 10,3
Couples avec enfant(-s) 10,7 5,2 22,7 18,8
Ménage complexe 7,6 0,5 16,5 12,8
niveau d'urbanisation
Zone urbaine 13,8 8,1 - 17,8
Zone semi-urbaine 9,1 4,2 - 20,2
Zone rurale 6,8 4,6 - 9,6

source : Institut Scientifique de Santé Publique, Service d'Epidémiologie (2006), Enquête de Santé par Interview, Belgique, 2004, pp. 29, 32, 35, 38

 

À ce propos, il est intéressant d'examiner les analyses de l'Observatoire du Crédit et de l'Endettement. Depuis sa création, cet Observatoire analyse aussi bien la nature et le niveau du surendettement que les caractéristiques socioéconomiques d'un échantillon de personnes qui connaissent des difficultés financières et s'adressent aux services de médiation de dettes agréés par la Région wallonne. Il ressort des données des 10 dernières années (de 1995 à 2003) que la fréquence des dettes pour soins de santé a fortement augmenté depuis 1994 puisqu'elles représentaient 25% en 1994 contre 51% en 2003. Le montant dû a fortement augmenté lui aussi : en moyenne 836,22€ en 1994 contre 1.045,39€ en 2003 (+25%). Outre ces chiffres, nous pouvons également supposer que le nombre de personnes ne se soignant plus par manque de moyens financiers va croissant (source : Observatoire du Crédit et de l'Endettement (2004), Crédit et endettement des ménages. 10 ans d' Observatoire p. 13).


 

Une étude récente de la Mutualité chrétienne atteste l’existence d’inégalités prononcées en matière de santé. Les résultats montrent notamment que (par comparaison avec les personnes issues de la classe sociale la plus favorisée), les personnes issues de la classe sociale la plus basse :

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Courent 45% de risques en plus de décéder dans l’année ;

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Courent 55% de risques en plus d’avoir au moins 30 jours d’incapacité de travail et même 66 % de risques en plus de devenir invalides

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Risquent deux fois plus d’être admises dans un hôpital psychiatrique ou dans un service (neuro)psychiatrique d’un hôpital général ;

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Recourent 36 % moins souvent aux soins dentaires préventifs (pour les mineurs d’âge) ;

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 Courent un risque 64 % plus élevé de devoir payer un forfait pour des soins prodigués aux urgences ;

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 Courent 15% de risques en plus d’être atteintes d’une affection pulmonaire chronique ;

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 Courent 16% de risques en plus de souffrir d’une maladie du coeur.

 



Dernière mise à jour : 27/01/09