Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale

Combien y a-t-il de logements sociaux en Belgique et combien de personnes sont-elles inscrites sur une liste d’attente ?

En 2016, la Flandre comptait 142.981 habitations sociales et 137.177 candidats-locataires étaient inscrits sur les listes d’attente des logements sociaux.

La Région wallonne comptait 101.589 en 2016 et 39.464 ménages étaient inscrits sur la liste d’attente.

La Région bruxelloise comptait 36.117 logements sociaux en 2016 et le nombre de ménages sur la liste d’attente était 39.153.

COMMENTAIRE :

Pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, il est primordial que des logements financièrement abordables et de qualité soient disponibles.

Le risque de pauvreté des locataires (36,2 %) est environ cinq fois supérieur à celui des propriétaires (7,6 %). Le pourcentage belge se situe au-dessus de la moyenne européenne pour les locataires (27,6 %) et en dessous pour les propriétaires (13,7 % pour l’Europe des 28).

Tableau
7a :
Taux de risque de pauvreté  (<60% du revenu net médian) selon le titre d’occupation du logement pour la Belgique et UE-28, SILC 2016 (revenus 2015)

Belgique

UE28

Propriétaire/pas de loyer

7,6 13,7

Locataire

36,2 27,6

Source : Statbel (Direction générale Statistique – Statistics Belgium) : EU-SILC 2016 et Eurostat, EU-SILC data


L
e pourcentage de logements sociaux par rapport au marché total du logement est très faible en Belgique, plus précisément 5,6 % en Flandre, 5,3 % en Wallonie et 7 % dans la Région Bruxelles-Capitale (chiffres relatifs à fin 2015; source : Anfrie M.-N. (coord.) et Gobert O. (2016). Les chiffres-clés du logement public en Wallonie-2016, Rapport du Centre d’Etudes en Habitat Durable, Charleroi, p. 25).
Il manque de logements sociaux dans les trois Régions et les listes d’attente sont dès lors particulièrement longues (voir le tableau 7b).

Tableau 7b : Nombre de logements sociaux loués et de ménages sur liste d’attente, 3 Régions, 2012-2016

Flandre Wallonie Bruxelles-Capitale
loué en attente loué en attente loué en attente
2012

137.561

107.090

98.294

37.983

35.883

37.050

2013

137.908

104.976

98.003

35.946

36.137

35.758

2014

139.071

120.504

98.082

39.083

36.377

39.939

2015

140.516

117.681

97.802

38.628

36.248

43.345

2016

142.981

137.177

101.589

39.464

36.117

39.153

Source : sur base du tableau dans : Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale (2017). Citoyenneté et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques. Rapport bisannuel 2016-2017, p. 93 sur base des données :
*Flandre: Vlaamse Maatschappij voor Sociaal Wonen (avec une actualisation lors des années impaires, avec à chaque fois un nombre de radiations de candidats-locataires ; actualisation la plus récente en 2015)
*Wallonie: Centre d’Études en Habitat Durable sur base des données de la Société Wallonne du Logement (le nombre de logements gérés par les SLSP, sous déduction des logements louables non-loués et des logements non-louables non-loués, pour obtenir le nombre de logements loués)
*Région Bruxelles-Capitale : Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale sur base des données de la Société du logement de la Région bruxelloise (listes d’attente après radiation).

Le pourcentage de logements sociaux par rapport au parc de logement total varie beaucoup entre les différents pays de l’UE (tableau 7c).  Les Pays-Bas se trouvent dans le peloton de tête avec 34,1 %, suivis de l’Autriche (26,2 %). En Belgique, ce taux s’élève à 6,5 %.

Tableau 7c : Pourcentage de logements sociaux du secteur locatif par rapport au parc total de logements, quelques Etats membres de l’UE, 2015

Pays-Bas 34,1
Autriche 26,2
Danemark 22,2
France 18,7
Royaume-Uni 17,6
Finlande 12,8
Irlande 8,7
Pologne 8,3
Belgique 6,5
Slovénie 6,4
Malte 5,5
Hongrie 4
Allemagne 3,9
Portugal 2
Luxembourg 1,6
Estonie 1,4
République tchèque 0,5
Lettonie 0,2

Source : OCDE, La base de données sur le logement abordable

Graphique 7a : Pourcentage de logements sociaux loués par rapport au marché total du logement, certains pays membres de l’OCDE, 2015

Source : OCDE, La base de données sur le logement abordable

En outre, il apparait que des personnes soient contraintes de refuser un logement social parce que, par exemple, celui-ci est trop cher pour leurs revenus. Une autre raison de refus est que le contrat commence quelques mois avant l’expiration de la période de préavis du contrat de leur logement actuel, ce lui les mènerait à devoir faire face à un double loyer (source : Lutte contre la pauvreté. Rapport 2008-2009 – partie 2, pp. 20-21).

Garantir l’accès à un logement décent reste un défi. Les travaux du Service à ce sujet sont rassemblés dans les rapports du Service, dont vous pouvez consulter la dernière publication en cliquant ici.
Le Chapitre IV est axé sur le droit à un logement décent (pp. 92-126).